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« Qu’est-ce qu’un vampire ? »

 

N’est-ce pas souvent  la première question qui vient à l’esprit ?

 

De nos jours, on lui donne une forme smiley vampire 1  qui permet d’appréhender directement la menace  qu’il constitue mais, en même temps, il semble bien comique, ce vampire là !

 

Si l’on se réfère au Petit Larousse (édition 2010) : un vampire est  « un mort qui aurait la capacité de sortir du tombeau pour sucer le sang des vivants et mettre ces derniers à son service ».

 

Définition du vampire de légende,

dans son contexte historique

 

Démons, esprits malins, morts-vivants et monstres jusqu’au XVIIIème siècle

strige Il faut savoir que, si depuis l’aube même de l’humanité, toutes les civilisations ont cru en l’existence de démons divers, capables de boire le sang des mortels et de morts-vivants (Lilith 4000 av. J.-C. en Mésopotamie, les lamies grecques et les striges romaines à l’Antiquité, entre autres), on ne peut parler de vampires stricto sensu qu’à partir du XVIIIème siècle quand les trois conditions qui le définissent encore aujourd’hui sont réunies. En effet, il faut que le vampire soit un mort-vivant, qui suce le sang de ses victimes et contamine ses dernières qui deviennent à leur tour des vampires.

 

Les prémices du vampirisme se situent cependant dans la croyance populaire du XIVème siècle, lors de la propagation des épidémies de peste dans toute l’Europe. En effet, il a été supposé que des pestiférés enterrés trop rapidement, ont été retrouvés, avec leurs corps intacts et couverts de sang, plusieurs jours après leur mort supposée, probablement en raison de leurs efforts pour se libérer de leurs tombes. La rumeur de « ressuscités » hanta dès lors durablement leurs esprits.

 

vlad tepes lempaleur   Puis, au XVème siècle, il y eu en Valachie, le prince voïvode Vlad III Basarab, surnommé Vlad Tepes  (« l’Empaleur ») souverain roumain sanguinaire qui buvait le sang de ses ennemis envahisseurs Turcs pour s’approprier leur force et les faisait empaler, se délectant de leur atroce agonie. Il fût décapité  en 1476.

 

  Le terme de « vampire » n’est donc apparu qu’en 1732, dans un rapport « scientifique » rédigé en latin, le « Visum et Repertum », par un officier chirurgien autrichien M. Flückinger. Il raconte en détails les sanglants exploits d’un supposé vampire paysan nommé Arnold Paole, dans un village décimé d’une province autrichienne de Serbie, où il se rendit pour enquêter, alors que sévissait une épidémie de peste humaine et bovine.

On tenta alors dans toute l’Europe  d’expliquer ce phénomène. En France, en 1746, c’est l’abbé de Senones (dans les Vosges), Dom Augustin Calmet qui rédigea un traité de vampirologie,  qui était un inventaire scientifique des types de morts-vivants. Il fût sévèrement critiqué par Rousseau et les autres encyclopédistes qui considèrent absurde qu’à l’heure des idées nouvelles dépourvues d’obscurantisme, on puisse encore croire aux vampires ; c’est  pour eux  une superstition d’un autre âge. Voltaire souligne bien le paradoxe « Quoi, c’est dans notre XVIIIème siècle qu’il y a des vampires ! ».

 

Le tournant du XIXème siècle

belle dame sans texte En réaction contre le matérialisme du siècle des Lumières, les poètes s’emparent du sujet, notamment les romantiques allemands (Der Vampir  d’Ossenfelder en 1748, La fiancée de Corinthe  de Goethe en 1797) et anglais  (La belle dame sans merci de Keats en 1820), avides de légendes et de surnaturel.

 

Et c’est ainsi que, petit à petit, la légende du vampire  fît glisser le mythe populaire vers les milieux littéraires qui redonnèrent naissance au vampire sous une forme, cette fois textuelle.

 

 

Il est indéniable que le mythe littéraire du vampire est né du mythe transmis en premier lieu par la tradition orale, qu'est ici le vampire de légende. Le texte littéraire vampirique procède du mythe. Et la reprise d'un mythe implique sa réinterprétation, l'écrivain place la légende utilisée sous un jour nouveau, il se l'approprie, comme nous allons le constater par la suite.

 

 

 

 

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