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Ainsi que nous venons de le voir, il est indéniable que les vampires littéraires ont évolué depuis la conception du premier avec B. Stoker.

 

Comment éviter ce phénomène puisque les auteurs de textes, immergés dans la trame sociale de leurs époques respectives, sont influencés par la réalité sociale. De ce fait, chacun actualise son personnage clef, marqué par les évènements qu’il vit ou subit en même temps d’ailleurs que ses lecteurs contemporains.

 

Sabine-Jarrot.jpg

 Ainsi que le dit si justement Sabine Jarrot :

« Il existe un lien entre le changement général de l’esprit des hommes et les variantes du vampire ».

 

 

 

Du vampire noble tout puissant, de l’ère victorienne et craignant les symboles religieux, vivant à l’écart dans son château, avec Stoker, le vampire d’Anne Rice devient roturier et plus humain quand apparait une liberté nouvelle et le lecteur peut s’identifier à lui, tandis que les symboles religieux sont inefficaces sur lui en pleine déchristianisation. Enfin, au XXIème siècle, il se moralise et se « fond » dans la vie de chacun, va au lycée, travaille à l’hôpital, prend l’avion, même s’il conserve des pouvoirs et des dons hors du commun.

 

Remarquons que les vampires du XIXème siècle sont nés dans la littérature d’Europe de l’Ouest, tandis que ceux étudiés ici du XXème, proviennent d’une auteure certes du Nouveau Monde mais issue d’une culture irlandaise, alors que les derniers du XXIème siècle sont issus de l’American Way of Life et sa culture, sa tendance manichéenne, sa religiosité et ses fantasmes.

 Le vampire devient un héros accessible. Le lecteur qui le lit peut s’identifier à lui tout en enviant ses pouvoirs paranormaux. 

Ces vampires s’opposent en clans, comme, dans les films américains, les bandes se font face : les vampires du bien contre les vampires du mal !

Ce sont donc des sortes de stars romanesques, des héros du quotidien qui possèdent des pouvoirs surnaturels mais n’en restent pas moins proches des humains dans leurs besoins et leurs luttes.  Le côté sulfureux, démoniaque et mythologique a disparu.

 

Avec la Bit-Lit, assimilée à de l’Urban Fantasy, l’ère du vampire n’effraie certes plus autant et les puristes craignent une dévalorisation de son image qui ne représente plus autant l’interdit et le pêché. Le nouveau vampire est davantage qu’un tabou, c’est un marginal et les « connaisseurs » reprochent à S. Meyer de le rendre « banal » et « commun », trop éloigné du mythe originel si bien transcrit par B. Stoker.

 

Certes, on peut comparer le vampire du XXIème siècle à un « Superman » ou un « Batman ».  Mais parallèlement, ne représente-il pas toujours symboliquement la peur de la mort et le désir d’être immortel, la sexualité libre et la peur du sida ? N’incarne-t-il pas toujours nos contradictions et à ce titre, ne continue-t-il pas à nous fasciner au-delà d’un simple héros ?

 

  Il semble bien que le vampire littéraire soit encore et toujours plus qu'un "banal héros" pour ses lecteurs. 

 

 

 

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